"L'amour, c'est l'amour sans
chaînes" Toni Bentley.In Ma redition
J’anime depuis 12 ans, l’atelier
« Parlez- moi d’amour », dont les objectifs sont de reconnaître
l’âme sœur, de refuser l’inacceptable, de sortir des comportements entravants
et de construire une relation constructive. Bref ! De s’épanouir au
sein de son couple. Les premiers ateliers regroupaient majoritairement des
quadragénaires en quête d’une seconde chance, souvent après un divorce ou une
expérience douloureux.
Cet atelier a pour particularité de pointer la
maltraitance psychologique banalisée dans le couple.
Très logiquement, je pensais que le temps passant, les
générations se renouvelant, le développement personnel prenant son essor, cet
atelier s’essoufflerait.
Or, non seulement cet atelier est toujours aussi
populaire, mais il regroupe aujourd’hui des femmes beaucoup plus jeunes et
beaucoup plus âgées.
Je viens de terminer l’animation de cet atelier au
sein d’une association montpelliéraine et cela m’a laissée perplexe.
Je suis également assez étonnée du nombre de
consultations par des femmes qui vivent une situation de maltraitance
psychologique au sein de leur couple.
Mais ce qui me choque le plus c’est que la plupart de
celles qui viennent et qui sont en couple, me parle pudiquement «d’un
malaise dans le couple » alors qu’il s’agit d’un réel dysfonctionnement.
La tendance générale est de concéder à son partenaire
une tendance à la manipulation, voire au harcèlement. Ce dernier mot provoquant
même parfois, une certaine fierté car il est, à tort, assimilé à un amour
passionné et possessif.
Et le plus souvent lorsque je prononce les mots
maltraitance psychologique ou dysfonctionnement, la réaction est de minimiser
la situation.
Cela a motivé mon envie de faire un petit rappel sur
ce qu’est la maltraitance psychologique et comment s’exprime cette véritable
violence qu’il faut considérer comme un danger.
Reconnaitre la maltraitance psychologique
Contrairement à ce que l’on peut croire ce n’est pas
si compliqué de reconnaître – ce qui est différent d’admettre- la
maltraitance psychologique entre adultes.
D’abord parce qu’elle s’apparente au harcèlement, avec
comme dénominateur commun la non réciprocité ; c'est-à-dire qu’il y a un
acteur principal qui fait SA mise en scène pour garder le contrôle sur
sa victime. Il n’y a pas de place pour l’interaction. Il n’y a qu’un seul
maître à bord. Il ne faut pas se leurrer : les réactions de sa victime
sont celles qu’il a prévues et il réponse à chaque cas de figure, plongeant
ainsi cette dernière dans un état permanent de confusion ou le manque de
discernement devient quotidien.
Identifier les manifestations de la
maltraitance
Indifférence, jalousie, mépris affiché, dénigrement,
déni, isolement, intimidation sous jacente…Tout est bon pour le maltraitant
pour obtenir ce qui lui est le plus cher : le contrôle absolu de la situation.
Bien entendu les manifestations les plus évidentes
sont les agressions verbales, telles les insultes, les brimades, les jugements
négatifs.
Mais il en existe de plus insidieuses, les petites
questions qui blessent « Tu n’as pas un peu grossi ? », «
Tu crois vraiment que tu vas y arriver ? » ou les réflexions
« en passant » comme " Je ne sais pas si ce travail est vraiment
fait pour toi!", "Tu ne crois tout de même pas que tes compétences
les intéressent..."
Les silences imposés là où l'autre attend le dialogue,
ou l'attention, l'éloignement sans raison apparente, ou pour une raison futile,
sont des brimades (à peine) déguisées.
Revenons sur le premier point : l’indifférence ou plus
exactement le refus de s’impliquer pour son/sa partenaire.
Il s’agit purement et simplement d’une forme de rejet
qui ne tient compte ni des besoins de son conjoint, ni de ses sentiments, ni de
la frustration qui découle de ce comportement. En réalité le mal être
provoqué devient jouissif pour le maltraitant qui peut ainsi mesurer son
pouvoir.
Dans certains cas extrêmes cette frustration est créée
de toutes pièces pour maintenir l’autre en état de dépendance et d’insécurité.
On pourra alors rencontrer des refus systématiques ou
répétitifs de faire des choses ensembles, comme de participer aux fêtes de
famille, ou de se murer dans un mutisme absolu pour montrer son désaccord au
lieu de privilégier un dialogue.
L'alternance du froid et du chaud fait
partie du processus de maltraitance
Alors, soudain, quand l’autre est blessé, déstabilisé,
on lui manifeste une envie de tendresse, ou de relation sexuelle.
Ne nous méprenons pas , il ne s’agit
absolument pas d’une démarche de réconciliation, mais belle et bien d’une forme
de contrôle, un moyen de « faire la pluie et le beau temps »,
d’altérer l’intégrité de son conjoint ou partenaire. C’est une possession
totale « corps et âme », un dénigrement de son intégrité.
Le dénigrement… Dit ou sous entendu est aussi terrible
qu’une paire de claques.
C’est une humiliation qui sous tend chaque
action ou parole. C’est une violence extrême qui vise la destruction
de l’estime de soi.
Remarque désobligeante ou attitude dédaigneuse
systématisées ou récurrentes, le dénigrement déstabilise et laisse des traces.
Ce qui est d’ailleurs son objectif. Outre les mots, le
dénigrement peut se cacher dans des regards méprisants, des mimiques
dépréciatives, des sourires ironiques, des ricanements, des sons moqueurs…Le
message du dénigrement est clair, net et sans appel : « Tu dis
n’importe quoi, tu fais n’importe quoi, tu n’est pas assez ceci ou cela, tu es
trop ceci ou cela, tu ne vaux rien ou pas grand-chose…Donc sois
heureux(se) que je t’accorde cette attention car tu ne mérites pas
mieux. »
Enfin, l’isolement organisé jour après jour :
les anciens amis ne sont plus assez biens, la famille ne l’aime pas, n’est pas
à la hauteur, les relations extérieures ne sont pas intéressantes ou
représentent un danger (fantasmé dans la majorité des cas) pour soi, pour
l’autre, pour le couple…Le seul but est un isolement qui permettra à double titre
la maltraitance psychologique car il maintient le « tu vois, finalement tu
es toute seule » et la toute puissance du maltraitant dans ce huit clos
mal sain.
De l'isolement à la menace: un tout petit
pas
L’isolement ouvre la porte aux intimidations plus
concrètes : bris d’objets, cris, coups de poings dans les murs, portes
claquées.
Ces attitudes ne sont pas anodines : ce sont des
démonstrations de ce que le maltraitant est capable de faire et elles ne
tardent jamais à s’assortir de menaces, qui, même quand elles sont déniées avec
force justificatifs plus ou moins plausibles, ne traduisent rien de moins
qu’une menace de destruction.
« Si tu me quittes tu n’auras rien, je te tue, je
garde les enfants, je saute par la fenêtre… »
Encore des menaces qui n’ont rien à voir avec de
l’amour et qui ne constituent qu’un moyen de pression. Cette pression a un
but : contrôler et posséder l’autre jusqu’à la destruction.
Ce qui me chagrine
La maltraitance psychologique est plus difficile à
combattre dans un contexte culturel ou un amalgame est rapidement fait entre la
volonté de posséder et l’amour absolu.
Combien de fois ai-je entendu « C’est parce
qu’il m’aime trop », « parce qu’il me veut », «Il a le sang chaud», "chez nous c'est comme ça" et la
pire des excuses « C’est un homme… ».
Quelle méprise intolérable : les
hommes, les amoureux sont-ils donc tous des dangers potentiels ? Certes, NON,
NON et encore NON!
Certains se servent de ces croyances venues d'un autre
temps pour justifier de leurs déséquilibre personnel et orchestrer
impitoyablement leur programme destructeur et anihilateur de l'autre.
La possession n’est pas l’amour. L’isolement et le
repli sur le couple n’est pas l’amour.
L’amour, est, doit être, source
d’épanouissement, de valorisation, de partage, de rencontre, d’écoute, de
construction.
Dites NON!
La loi reconnait aujourd'hui la
maltraitance psychologique comme un délit et punit ce délit de trois ans
d'emprisonnement et 45 000 euros d'amendes ou cinq ans d'emprisonnement et 75
000 euros d'amendes, selon la gravité du dommage.
Si vous avez des doutes, si vous avez
peur, si vous évoluez dans cette confusion, si vous avez besoin d 'aide.
N'attendez pas : demandez de l'aide.
Agnès Bella Tavassi
L'Atelier "Parlez moi d'amour"
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Contactez moi au 06 92 347 696 ou
mieuxetre.coaching@gmail.com


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